ITW Sandrine Boutevin, consultante marketing durable : « On peut réduire drastiquement l’empreinte carbone de nos campagnes pub tout en améliorant le ROI de 15 à 25% ! »
Sandrine Boutevin, vous avez plusieurs années d’expérience en agence digitale. Pouvez-vous vous présenter en qq mots ?
Après des années à piloter la performance en agence digitale, j’aide aujourd’hui les dirigeants à orchestrer leur transformation durable.
Mon rôle ? Transformer les contraintes RSE en véritables leviers de croissance.
À l’ère de l’IA, mon objectif est de prouver qu’on peut réconcilier impact business, éthique humaine et efficacité environnementale.
J’ai confiance dans cette boussole éthique dont j’ai déjà parlée.
C’est d’ailleurs ce que je partage au quotidien au sein de plusieurs collectifs d’experts.
Votre sujet actuel, c’est « aider les décideurs à orchestrer la transformation durable et le marketing de l’impact en particulier dans le secteur du marketing digital » pourquoi ce choix ?
L’écosystème publicitaire mondial génère des millions de tonnes de CO² chaque année, et une seule campagne vidéo massive et mal ciblée peut polluer autant que plusieurs vols long-courriers.
Mon approche n’est pas de faire de la théorie à la Byron Sharp sur la masse critique à tout prix, mais d’activer des leviers d’efficience concrets.
En optimisant le poids de nos actifs numériques, en choisissant des serveurs bas-carbone et en stoppant le gaspillage média (les impressions publicitaires qui tournent dans le vide),
on fait d’une pierre deux coups : on réduit drastiquement l’empreinte carbone tout en améliorant le ROI financier des campagnes de 15% à 25%. Moins de bruit, plus d’impact.
Selon vous, pourquoi la « transition écologique » apparait datée comme si ce n’était plus un sujet primordial en 2026 ? A-t-on loupé qq chose lorsqu’on a lancé le sujet juste après le covid ?
Le terme est daté parce qu’il évoquait une transition lente, linéaire et souvent punitive.
Or, en 2026, nous n’avons plus le temps de « transitionner » gentiment : les ruptures climatiques, les exigences des consommateurs et le rouleau compresseur réglementaire sont là.
L’erreur post-Covid a été de traiter l’écologie comme un onglet « RSE » sympa sur un site web.
Aujourd’hui, ce n’est plus une option : c’est le cœur même de la stratégie de résilience et de la valeur financière des entreprises.
Une entreprise non durable est une entreprise qui ne sera plus « demain-compatible ».
Vous liez fortement « transformation durable » et « performance économique » : en quoi sont-ils liés ?
Ils sont strictement indissociables.
Une entreprise qui ignore aujourd’hui son empreinte carbone ou sa dépendance à des ressources critiques menace directement sa marge à court terme et sa survie à moyen terme.
À l’inverse, intégrer la responsabilité écologique permet d’éco-concevoir ses offres, de rationaliser ses coûts et de capter de nouvelles parts de marché auprès de clients de plus en plus exigeants.
En 2026, la durabilité n’est plus l’ennemie du profit : c’est le bouclier contre les risques et le moteur de la croissance de demain.
Vous associez l’Intelligence Artificielle générative et l’éco-conception.
Comment ce duo permet-il concrètement aux marketeurs de faire « mieux, plus vite et avec moins d’impact » ?
C’est le grand paradoxe.
Côté pile, l’IA générative est une révolution : elle permet de réduire les temps et les budgets de création de contenu jusqu’à 80% par rapport aux méthodes traditionnelles, tout en évitant les bilans carbone lourds de tournages physiques à l’autre bout du monde.
Côté face, l’IA est un gouffre énergétique qui consomme, notamment des volumes d’eau massifs pour refroidir les serveurs.
Pour que ce duo fonctionne, il faut appliquer une logique d’éco-conception globale : utiliser la puissance de l’IA pour la phase de création centralisée,
mais optimiser de manière obsessionnelle le code, les images et le poids des livrables finaux pour la diffusion.
La preuve par les chiffres : un site web ou une campagne éco-conçue se charge 3 fois plus vite.
Cela permet d’améliorer le taux de conversion de 20% tout en réduisant drastiquement l’énergie consommée lors des millions de visites futures.
C’est l’équation parfaite : moins d’énergie, moins de coûts, plus de ventes.
Vous venez de lancer un module de formation avec Dixer-Formations digitales intitulé : « Piloter la Transfo durable pour assurer la croissance de demain »
Qu’apprend-on en 1 journée de formation ?
L’idée est de faire sortir les décideurs des grands principes pour acquérir des outils 100% pragmatiques.
Ils apprennent à décrypter le cadre réglementaire sans s’y perdre, et surtout à piloter l’empreinte carbone de leur mix-marketing.
Via des ateliers pratiques comme le stress-test anti-greenwashing ou la co-construction d’une matrice de matérialité, ils apprennent à passer du récit aux preuves tangibles.
Le vrai plus ? Chaque participant repart avec sa feuille de route opérationnelle pour les 100 prochains jours, prête à être déployée dès le lendemain matin.
Conclusion : en prospective sur les 3 prochaines années, croyez-vous que le marché va enfin saisir l’occasion de combiner « impératifs écologiques X performance économique » ?
Le marché n’aura tout simplement plus le choix.
Les trois prochaines années vont imposer cette alliance sous la pression conjointe des investisseurs, des réglementations européennes et des attentes des clients.
Les leaders de demain ne seront pas ceux qui font du volume à l’ancienne, mais ceux qui auront intégré des indicateurs extra-financiers directement dans leurs tableaux de bord financiers dès aujourd’hui.
C’est tout l’enjeu de notre formation : cesser de subir la contrainte environnementale pour en faire un outil de pilotage d’une croissance d’impact.
Interview réalisée par Frank MICHEL, DG et fondateur de DIXER – Formations digitales